CAHIER D’ESPÉRANCE N° 826: «Journée mondiale du refus de la misère »

Née de l’initiative du Père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, la Journée Mondiale du Refus de la Misère est célébrée chaque 17 Octobre depuis 1987 et officiellement reconnue par les Nations Unies.

Pourquoi cette journée ?

L’objectif est double. D’abord, faire entendre les plus démunis, ceux qui sont habituellement réduits à leurs difficultés« C’est notre journée. On peut exprimer ce que l’on a dans le cœur sans honte, sans gêne », dit une participante. La Journée mondiale du refus de la misère leur donne la parole, sur les conditions indignes qu’elles vivent, sur leurs résistances quotidiennes et leurs aspirations. On ne peut vaincre la misère qu’avec les premiers concernés.

Il s’agit aussi de mobiliser citoyens et responsables publics : la misère n’est pas fatale, et peut être combattue et vaincue. En France en particulier, elle invite à comprendre comment chacun, là où il est, peut agir. « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est
un devoir sacré. »
 Père Joseph Wresinski

En quoi sommes-nous concernés, en tant que chrétiens ?

« À l’exemple du Christ, notre Maître, nous les chrétiens sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère matérielle frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. »

Extrait du message du Pape FRANÇOIS pour le Carême 2014.

Que propose concrètement Notre Dame de Pentecôte ?

Depuis 16 ans, à l’initiative d’un petit groupe de chrétiens de La Défense, auxquels se sont joints des bénévoles de tous horizons, la Maison de l’Amitié propose un accueil de jour aux personnes en grande précarité. Dans les locaux situés place Carpeaux, derrière le CNIT, plus de 18 000 passages par an sont assurés par l’équipe.

En ce moment, des contacts sont pris avec l’association « Aux captifs la libération » en vue d’un rapprochement.

Des « P’tits Cafés », petits déjeuners servis et partagés avec les sans-abris, ont lieu tous les lundis matins à Notre Dame de Pentecôte, les autres jours de la semaine  à la Maison de l’Amitié, de 7h à 8h30.  Contact: Edouard Maincent au 06 20 30 91 61  edouardetmarie@yahoo.fr

Par ailleurs, le groupe Partage & Solidarité de NDP réunit une fois par mois des personnes qui se sentent concernées par la pauvreté, la précarité et qui cherchent un souffle dans l’Evangile. Il peut s’agir de bénévoles engagés dans des associations,
de  personnes sans domicile fixe ou, tout simplement, de personnes intéressées par nos partages à partir de la parole de Dieu, de témoignages ou de prières. Les plus pauvres participent et ont quelque-chose à nous dire qui nous enrichit tous.
Contact : Marc Flurin au 06 72 73 50 06 / marc.flurin@fondationsaintegenevieve.org

Marc Flurin


  MESSAGE DE MGR MICHEL AUPETIT POUR L’OUVERTURE
DE L’ANNÉE JUBILAIRE DES 50 ANS DU DIOCÈSE

Chers amis,

 Avant même de terminer l’année de la Miséricorde qui continue à irriguer la vie de nos paroisses, nous voilà au seuil d’une étape importante : fêter les 50 ans du diocèse !

Le 9 octobre 1966 était érigé par le pape Paul VI, le diocèse de Nanterre, à partir de territoires qui dépendaient des diocèses de Paris et de Versailles. Il y a aujourd’hui 50 ans !

À l’aune de l’histoire de l’Église, c’est le temps d’un battement d’aile, mais au regard d’une vie humaine, c’est un temps de passage vers la maturité, un temps d’action de grâce pour faire mémoire de l’action du Seigneur, un temps de conversion et de nouveau départ. C’est pourquoi, j’ai souhaité ouvrir aujourd’hui une Année jubilaire pour célébrer ce qui a été vécu dans
le diocèse de Nanterre au cours de ces 50 années et nous préparer aux défis de demain. Mais qu’est-ce qu’un diocèse ? Ce n’est pas une circonscription administrative de l’Église à l’instar du département dont il a repris les contours, c’est réellement, comme l’a rappelé le Concile Vatican II, une portion du peuple de Dieu : c’est le peuple des baptisés, le peuple des disciples de Jésus qui vit dans le département des Hauts-de-Seine, c’est une Église particulière, Sacrement du Salut pour tous les habitants de ce département.

Le dimanche 11 juin 2017, je vous invite à vivre un grand rassemblement diocésain à Colombes pour rendre grâce pour ce jubilé et nous laisser envoyer par l’Esprit Saint. Aussi, en vertu des pouvoirs de ma charge épiscopale qui m’a été confiée par le Siège apostolique en la personne du pape François et dans la docilité à l’Esprit, je déclare ouverte l’année jubilaire du diocèse de Nanterre pour un élan missionnaire renouvelé.

+ Michel AUPETIT
Évêque de Nanterre


 « Luc, l’évangéliste aux deux visages »    
 CONFÉRENCE du 9 septembre par Francis Lapierre 

L’année de la Miséricorde est liée à « l’année Luc ». Luc est souvent décrit comme le plus gentil des évangélistes, à cause de ses récits d’enfance et de l’importance qu’il accorde à la prière de Jésus. Son texte est tardif, il l’annonce lui-même et ce Théophile auquel il s’adresse, cet « ami de Dieu », n’est qu’une figure théologique. Son enseignement est axé sur la rectitude de la foi et, à y regarder de plus près, il combine dans son enseignement la reprise d’un évangile de Marc et ce qu’on appelle la Deuxième source, un document qu’il partage avec Matthieu et que Marc ne semble pas connaître.

La Deuxième source

Il est communément admis que Matthieu a distribué les éléments de ce document sous la forme de cinq discours de Jésus qui constituent une nouvelle Loi : les Béatitudes au chapitre 5, les instructions aux Apôtres, le plus grand dans le Royaume, le discours aux foules et aux disciples au chapitre 23 et la justice du Royaume au chapitre 25.

Les polémiques entre Jésus et les Pharisiens reflètent le rejet par les Juifs des nouveaux chrétiens qui continuaient à fréquenter la synagogue, autour des années 80. Les attaques contre la hiérarchie juive représentent plus de 60 versets !

A la différence de Matthieu qui répartit de façon un peu désordonnée les éléments  de la Deuxième source qui n’entrent pas dans le schéma « discours », Luc commence par la prédication de Jean-Baptiste suivie de la Tentation au désert et du Sermon sur la montagne. Ensuite il ordonne les éléments en deux parties, l’une qui invite les disciples à dépasser la loi de Moïse et à l’accomplir (du chapitre 6 au début du chapitre 7) et l’autre de la fin du chapitre 9 au chapitre 18 inclus articulée autour de la prière. On y trouvera aussi un cycle sur la condamnation de cette « génération mauvaise », la vigilance et le discernement et la justice du Royaume.

Les sources apostoliques des deux évangélistes apparaissent très semblables. Luc est plus concis. Mais leurs projets rédactionnels diffèrent sensiblement ce qui nous conduit à penser qu’ils ont travaillé indépendamment l’un de l’autre.

Les zones d’ombre

L’observation des formes verbales communes chez les deux évangélistes conduit à penser que la Deuxième source résulte d’une tradition écrite en grec. Elle privilégie les discours de Jésus plutôt que les récits et la Passion n’y figurait sans doute pas. Remarquons aussi que, pour chaque épisode, le « gentil Luc » conclut d’une façon polémique qui lui est propre, par exemple au chapitre 17 : « L’une sera prise, l’autre laissée. Où donc, Seigneur ? Là où sera le corps, là se rassembleront les vautours ».
De même au chapitre 19, la parabole des talents est complétée par l’investiture d’un roi haï de son peuple et Luc de conclure : « Quant à ces ennemis, ces gens qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi. Sur ces mots, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. »
Au chapitre 22 enfin, Luc fait dire à Jésus : « Celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau  pour en acheter une ! »  Cette partie de l’Evangile est plus sombre, comme si Jésus doutait de la solidité de la foi des nouveaux chrétiens face aux épreuves et aux persécutions qui les attendent.

Subsiste un problème de datation. Après la destruction du Temple, l’école pharisienne s’était réfugiée à Jamnia, sur la côte,  vers les années 80. Les Pharisiens entreprennent de reconstruire le judaïsme, ils établissent les règles de la liturgie et fixent le canon des Écritures.

Tout naturellement, cela aboutit à expulser les Chrétiens des synagogues. Ainsi la polémique introduite par Luc s’explique si sa rédaction se situe dans les années qui suivent les supplices de Pierre et de Paul. La communauté est apeurée, menacée, les Chrétiens sont haïs, rejetés et Luc oppose à la situation présente le futur radieux.

La rédaction de Luc nous invite enfin à relire ses Béatitudes, (chapitre 6) qui s’adressent directement à sa communauté (vous, maintenant). On remarque également qu’ont disparu, par rapport à Matthieu, les doux, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix et les persécutés. Les bons sentiments seront pour plus tard. Pour l’instant, il faut durcir sa face comme le Christ montant à Jérusalem.

Notes de Michèle Rain


    

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N°826 Semaine du  19 au 26 octobre 2016 

Vous  pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°826 au format PDF : 2016-826