CAHIER D’ESPÉRANCE N° 817: Pourquoi avoir rédigé à deux voix ce livre « Dieu est-il l’auteur de la Bible et du Coran ? »

dieu et bibleCette question nous plonge d’emblée dans la beauté et l’ambiguïté du dialogue entre chrétiens et musulmans. D’une part, nous n’avons pas la même conception de la Parole de Dieu, si bien que nous allons apporter des réponses différentes à cette question et d’autre part, nos deux religions affirment que Dieu parle à tous les hommes et que cela crée une unité fondamentale qui nous rassemble au-delà de nos divergences.

Pour essayer de comprendre le statut de la Parole de Dieu dans nos différentes religions et voir ce que l’on peut reconnaître positivement dans la religion de l’autre (sans pour autant nier les divergences fondamentales), il nous a semblé important d’écrire ce livre à deux voix, en abordant toutes les questions qui, aujourd’hui, posent problème dans la reconnaissance d’une démarche religieuse authentique chez l’autre.

Le fait qu’il n’y ait plus, pour les chrétiens, de « révélation publique » à attendre après la venue du Christ, empêche-t-il définitivement de reconnaître que Dieu peut parler aux hommes et aux femmes d’autres religions? Si une telle reconnaissance est possible, est-ce « grâce », « avec » ou « malgré » leur structure religieuse ?

Le fait que les musulmans considèrent que Muhammad est le sceau des prophètes et que le Coran est la parfaite révélation de ce qui est révélé antérieurement, invalide-t-il nécessairement les écrits chrétiens qui divergent beaucoup du Coran ? Qu’en est-il de la théorie musulmane de la falsification des Ecritures ? Le positionnement intransigeant des islamistes radicaux est-il inhérent à l’islam?

Voilà quelques défis que nous essayons d’aborder, sans tabous et en puisant dans nos traditions théologiques respectives. Le fait d’être lié à la fois par une grande amitié et un profond respect mutuel, tout en étant très engagé dans nos traditions respectives (Saeid Jazari Mamoei est théologien chiite et imam, Henri de La Hougue est théologien catholique et prêtre) nous a permis d’aller assez loin dans l’échange et l’approfondissement mutuel et d’en rendre compte de manière accessible.

Père Henri de la Hougue, Maître de conférence à l’Institut Catholique de Paris


SSF 2016

Session des Semaines Sociales de France

Samedi 19 et dimanche 20 novembre 2016

Cette année, la Session des Semaines Sociales de France ne s’étendra que sur deux jours . Elle s’attaquera à un sujet ambitieux : «  Ensemble, l’éducation »

Par contre, elle aura été préparée par plusieurs événements et rencontres organisés par  les différentes Antennes des SSF dans la France entière.SSF2016 (7)

De plus, une plateforme participative a été mise « en ligne » depuis le mois de mars. Tout le monde peut y accéder pour participer à la préparation de ce sujet, car elle reçoit la réflexion des contributeurs, et/ou en apportant sa propre contribution.

Son adresse est : www.ssf-lasession.org

Plusieurs vidéos abordant quelques grands thèmes liés à l’éducation sont également en ligne sur cette plateforme : « Education au vivre ensemble et à la citoyenneté », « La vie professionnelle, une affaire d’éducation au long cours », « l’éducation, apprendre à vivre en société », « l’éducation, entre exclusion et réussite ».

Vous pouvez déjà vous inscrire pour la session sur ce site.

Jean Guichené


exe_manager_renier2_2Conférence du 12 mai à NDP

En introduisant la conférence, le Père Alain Lotodé souligne que ce sujet ne concerne pas uniquement les managers mais leurs collaborateurs et leurs proches. Jean-Paul Bouchet et Bernard Jarry-Lacombe viennent nous en parler en présentant, à deux voix, leur livre « Manager sans se renier » .

Jean-Paul Bouchet a exercé des fonctions d’encadrement et de direction dans diverses entreprises de tailles différentes ; il est Secrétaire général de la CFDT Cadres qui rassemble 80 000 adhérents et vice-président de l’AGIRC, l’association générale des institutions de retraite des cadres.

Bernard Jarry-Lacombe, ingénieur, a dirigé des départements de recherche et développement puis de stratégie dans une grande entreprise ; il est actuellement responsable à la CFDT Cadres d’une entité de formation pour cadres et managers. Leur ouvrage est l’aboutissement d’une réflexion collective menée, pendant 2 à 3 ans, par un groupe de managers sur leur rôle, leurs responsabilités, la finalité de leur travail, et le lien avec les valeurs qui sous-tendent leurs pratiques et leur engagement. Cette approche concrète et non académique en fait la singularité. Ce sujet recoupe d’ailleurs nombre de débats sociétaux, par exemple celui sur le travail ou celui sur l’ « entreprise libérée ».

Les enjeux du management sont à la fois individuels – non seulement faire face à la nécessité « alimentaire » mais en même temps répondre au désir d’être utile et de créer, d’être reconnu et de bien faire son travail – et collectifs – comment travailler ensemble à un objectif commun en tenant compte des exigences de performance et de qualité.

Le contexte du travail est en pleine évolution, évolution technique d’abord avec les nouveaux moyens de communication, l’accélération du temps, la concurrence acharnée et la montée en puissance de l’économie « servicielle » qui suppose la recherche de solutions en coopérant avec les personnes concernées. Le fonctionnement matriciel  qui en découle renforce la complexité : le fonctionnement en réseau coexiste avec le fonctionnement par projet, la circulation de l’information en est modifiée et les procédures s’accumulent, ce qui entraîne une inflation de la prescription et du reporting , contraire à l’autonomie prônée par ailleurs. Les fonctions se délocalisent, y compris les relations humaines.

Plusieurs enquêtes montrent qu’une majorité de managers se considère comme non associée au processus de décisions. L’apologie du travail en équipe se heurte à une individualisation croissante, les initiatives sont bridées par les procédures, c’est le management par le contrôle et la pression,
voire par le stress.

Ce livre a été écrit par et pour des managers ; il s’appuie sur des données concrètes pour poser des actes concrets. Comment résoudre le dilemme souvent occulté d’appliquer les règles du métier et de rester loyal à son entreprise sans renier ses propres valeurs et renoncer à se regarder dans une glace ? Comment éviter le « se soumettre ou se démettre » ? Faut-il parler quand on a le sentiment que la ligne jaune est franchie ? Bien souvent, certains faits ou certains dangers sont connus mais les rouages de l’entreprise ne favorisent pas la transmission de l’information. Les lanceurs d’alerte sont actuellement menacés mais la loi « Sapin 2 » devrait leur accorder un statut protecteur.

Il s’agit de mettre en cohérence nos pratiques de management et nos repères de valeurs, l’autonomie et son corollaire la responsabilité, la confiance dans les autres et la gestion du collectif non pas comme contraire de l’individuel mais comme souci de valoriser la contribution de chacun et sa progression dans son domaine de compétences. Cette action passe non plus par la coordination mais par la coopération et la mutualisation des compétences et des savoir-faire. C’est au manager de créer les conditions de la pluridisciplinarité et du débat contradictoire ce qui implique que la décision prise dans ces conditions doit être respectée.

Le syndicalisme qui était jusqu’à il y a peu, axé uniquement sur le collectif se préoccupe de plus en plus de l’articulation « individuel/collectif » ; le débat sur l’organisation du travail est mené avec les organisations patronales (qui considèrent encore qu’ils en ont le monopole) au niveau national alors que ce serait plus productif au niveau de l’entreprise. La performance ne doit pas se juger uniquement en termes de résultats mais comme la capacité d’un collectif à trouver la bonne organisation pour répondre à un objectif bien défini, en prenant en compte l’ensemble des parties prenantes.
Et dans nombre de cas, ce n’est pas simple ! Il suffit de penser à l’organisation hospitalière pour s’en persuader.

Enfin le temps est un élément fondamental : malgré l’urgence quotidienne, manager c’est contribuer à développer dans la durée une équipe, la confiance, des compétences, des parcours professionnels, etc.

Comme le disent les auteurs dans la conclusion du livre : « Remettre la question du professionnel et de l’humain au cœur des stratégies managériales est un défi majeur pour l’économie et la société ».

Notes de Michèle Rain


N°817 Semaine du 15 au 22 juin 2016

Vous  pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°817 au format PDF :  2016 – 817