«Travail et joie, est-ce incompatible ?…»

LOGO osons la joieAborder le sujet de la joie au travail, c’est d’abord rappeler la valeur et la dignité du travail comme participation de l’être humain à la Création qui se déploie chaque jour : nos efforts, y compris à La Défense en 2015, répondent concrètement à l’invitation de Dieu à Adam et Ève, dans la Genèse, à collaborer à son œuvre d’amour dans l’univers.

Les fruits donnés en sont la vie et la paix mesurés à l’aune de la joie. La vie est portée par les moyens de subsistance engendrés par le travail, la paix par la place que chacun, bien ajusté, peut tenir dans la communauté, notamment sous l’angle collectif du travail.

Quand le travailleur sait ressentir et parvient à apprécier son rôle et ses résultats dans sa relation à Dieu et dans sa relation au prochain, il est alors joyeux d’être à l’image de Dieu et d’être utile aux autres, et ainsi il s’épanouit.

Les grands auteurs, théologiens ou philosophes, ont défini la joie, don de l’Esprit, non pas comme un résultat mais comme un art de vivre. La joie n’est pas le plaisir immédiat comme une récompense mais une manière de se lever chaque matin avec un esprit positif et de ressentir pleinement le présent. La joie est un don qu’il faut saisir, un chemin  qui suppose d’ajuster le sens de sa vie vers le ‘réussir ma vie’ plutôt que ‘réussir dans la vie’ pour ne pas céder au diktat du salaire et du prestige du rang ou au poison de la comparaison avec les autres (voiture, maison, vacances, vêtements).

Vous sentez qu’il y a là une évidente invitation à l’abandon : être à l’image de Dieu, c’est être « don total de soi ». Le philosophe suisse contemporain, Alexandre Jollien, aime montrer qu’être joyeux, notamment en entreprise, consiste à poser des actes de liberté par rapport au monde du paraître et de la mécanicité des comportements dans lequel nous nous laissons piéger. (Notre-Dame de Pentecôte sur le parvis n’offre-t-elle pas de magnifiques occasions de liberté ?).

J’ose passer du cerveau au cœur, et surtout je tente de vaincre ma peur de perdre. Ce chemin est pavé de tentatives plus ou moins réussies. Je reconnais ma faiblesse, je me soulage du paraître, je me dépouille du superflu.

Avec grande simplicité, je réalise tout bonnement le miracle d’ÊTRE ici et maintenant, et d’être aimé de Dieu sans condition. Je change mon regard sur mon voisin, mon manager, mon collègue, mon client, et je pratique la bienveillance. J’aime ma vie, j’acquiesce à la vie (*), je remercie d’exister (« eucharistein » en grec) et, pour pleinement la savourer, je prie pour avoir le courage et l’espérance d’oser la joie, de saisir ce don de l’Esprit Saint qui sait être très généreux.

La gloire de Dieu passe par là et il m’y attend quand il me dit « tu peux tout faire, mais tu ne peux m’empêcher de t’aimer».

Continuons d’en parler, rendez-vous nous est donné les 6, 7 et 8 octobre… à Notre Dame de Pentecôte.

 Par un groupe de collègues d’une grande entreprise de la Défense.

(*) Petit traité de la joie – Consentir à la vie, par Martin Steffens, éd Salvator, 2011.