CAHIER D’ESPÉRANCE N°896 : « Notre nouveau diacre se présente »

Après les vacances, chaque rentrée apporte son lot de nouveautés, au travail, dans les familles et à la Maison d’Eglise, Notre Dame de Pentecôte. Une de celles-ci est l’arrivée d’un nouveau diacre, envoyé en mission par l’évêque. Ce diacre est l’auteur de ce billet écrit à la demande de l’Equipe d’Animation Pastorale (EAP).

Il a pour nom Alain Pillant et il va se présenter:

Précisons rapidement que je suis marié depuis 41 ans, ayant avec mon épouse trois enfants et deux petits-enfants, le troisième étant à venir dans quelques jours. Je suis diacre permanent depuis 7 ans, rattaché à une paroisse de Meudon. C’est la troisième mission qui m’a été donnée par l’évêque qui est celui qui nous envoie là où il estime qu’il y a le besoin d’un serviteur ordonné pour une mission d’Eglise. Cette mission est reçue dans la prière comme étant inspirée par Dieu à l’évêque et non le résultat d’une demande de l’intéressé.

Cet envoi a suscité en moi la joie de la découverte d’une nouvelle mission et de ses  aspects pratiques dans un lieu, la Défense, que je connais mal. Ce vaste ensemble apparaît, en première impression, comme très divers et très foisonnant.

Pour ce qui est des contours de la mission, je vais les découvrir peu à peu, avec l’aide de l’Equipe d’Animation en place et avec le Père Hugues, en partageant avec les personnes qui agissent déjà pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ dans des actions concrètes et dans la prière. Et j’ai déjà pu observer qu’il s’y passe beaucoup de belles choses.

Ce qui me frappe d’emblée, c’est le caractère ouvert de cette Maison. Elle est ouverte à tous ceux et celles qui veulent bien y venir, quelle qu’en soit la raison, croyants ou pas, avec la venue de groupes constitués, la venue des personnes participant à des conférences, ou bien venant pour les expositions ou la librairie, ou bien encore pour l’architecture originale de ce lieu d’Eglise. Et bien d’autres choses encore motivent une venue, en lien avec la prière ou en simple passant. Mais, le caractère ouvert de ce lieu me laisse à penser que je vais pouvoir également aller à la rencontre des gens sur la Dalle et c’est une perspective importante pour un diacre dont la place est principalement sur le seuil. Oui, je pressens que je vais pouvoir être diacre en ce lieu, modestement certes, mais pouvoir être, à ma façon, ce serviteur qui fait le lien entre celui qui l’envoie, Dieu par l’intermédiaire de l’évêque, et ceux vers qui il est envoyé.

Alors à bientôt dans la joie de la rencontre.

Alain, diacre.


6°Conférence de Carême à Notre Dame de Pentecôte – 22 mars 2018

LA SPIRITUALITE DE L’ECOLE FRANCAISE,

par le Père Emmanuel Goulard,

Supérieur du Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux 

« Qu’est-ce que « l’école française de spiritualité ? »

Il s’agit d’un courant de spiritualité qui s’est développé en France au 17e siècle et qui a joué un rôle important à différents niveaux : dans le domaine politique et social, sur le plan ecclésial, religieux et caritatif. A l’origine, un homme : le Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629) qui partagea des intuitions spirituelles fortes et qui fit venir, en France, les carmélites réformées par Thérèse Avila en Espagne au 16e siècle. Sa pensée eut un fort impact sur l’Eglise et la société et plusieurs prêtres et laïcs se sont associés à cette dynamique spirituelle au point de former une « école ».

Quel est le contexte du 17e siècle ?

En quelques mots, sur le plan des idées, c’est le siècle de l’Humanisme et dans le domaine religieux, c’est le siècle de la Réforme protestante qui souligne notamment un besoin de réformer certaines pratiques ecclésiales. Par exemple, à cette époque, deux maux pénalisaient la vie de l’Eglise en France : le manque de formation des prêtres et le système de la « commande ». Par ce dernier, un ecclésiastique pouvait recevoir des bénéfices financiers d’une abbaye ou d’un prieuré, mais sans y résider ni réaliser la mission pastorale liée à sa charge. Ainsi, dès leur enfance, des hommes faisaient « carrière » dans la prêtrise.

Quelles sont les intuitions spirituelles du Cardinal de Bérulle ?

Elles sont au nombre de quatre :

1 – Le 17e siècle reste marqué par l’Humanisme qui se caractérisait par cette grande valorisation de l’homme. Ce courant eut une influence sur la foi chrétienne et on en venait à penser que le Christ Sauveur ne faisait que couronner un homme déjà bien accompli par lui-même ! Dans ce contexte,le Cardinal de Bérulle affirma alors la grandeur de Dieu et le « néant » de l’homme, c’est-à-dire son entière dépendance vis-à-vis de Dieu qui le sauve réellement et pleinement en Jésus-Christ.

2 – Le Cardinal de Bérulle s’émerveilla du mystère de l’Incarnation où le Christ a osé assumer, par amour pour nous, notre humanité faible et fragile. Il proposa alors une spiritualité centrée sur  le Christ, où le chrétien est appelé non pas à imiter les actes extérieurs de Jésus durant sa vie sur terre, mais à reproduire en lui dans son existence, les dispositions intérieures du Christ (humilité, don de soi, adoration du Père). Ainsi, cette personne chrétienne prend conscience que le Christ habite en elle.

3 « C’est par la très sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu dans le monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde » affirmait saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716) dans sa prédication. Le but de la vie spirituelle chrétienne est clairement de faire grandir la présence de Jésus dans le cœur des chrétiens. Selon ce saint missionnaire, le chemin le plus sûr pour cet objectif mystique est la contemplation de la vie de la Vierge Marie qui nous enseigne l’attitude du disciple. D’où le recours à l’intercession de la Mère du Christ.

4 – Enfin, devant les besoins de réforme et de missions, cette Ecole de spiritualité souligna la beauté, la nécessité et l’exigence du ministère du prêtre. Saint Jean-Eudes (1601-1680) exprime bien cette haute conception du sacerdoce : « Un prêtre, c’est un Jésus Christ vivant et marchant sur la terre. Car il tient la place  de Jésus Christ, il représente sa personne, il agit en son nom (…) ».

Quels ont été les fruits de cette « Ecole » ?

A la suite du Cardinal de Bérulle, plusieurs prêtres et laïcs prirent une part active à ce « réseau » en apportant leur contribution. Par exemple, son contemporain saint Vincent de Paul (1581-1660) porta le souci de la formation chrétienne des prêtres et des laïcs et il développa la charité pour subvenir aux besoins des pauvres. Dans les décennies suivantes, M. Olier (1608-1657), fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice et saint Jean Eudes, fondateur de la Congrégation des Eudistes, assumèrent plusieurs missions dans différentes régions de France et ensuite organisèrent des « Exercices pour les ordinants » c’est-à-dire quelques semaines de formation théologique, pastorale et spirituelle pour ceux qui étaient sur le point d’être ordonnés. C’était le début des séminaires en France. Plus tard, saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) fonda une Congrégation pour l’éducation des enfants, les Frères des écoles chrétiennes ou Lassalliens. Des laïcs fondèrent aussi des « Compagnies » avec des objectifs particuliers : par exemple, la « Compagnie du Saint-Sacrement » qui cherchait à assister les pauvres et à abolir la pratique du duel ; elle subvenait aussi aux besoins des missions organisées dans les campagnes françaises et elle s’impliqua enfin dans l’évangélisation du Québec.

Quels sont les enseignements pour nous aujourd’hui ?

D’une part, ce courant spirituel et ecclésial montre la nécessité de réfléchir et d’agir ensemble, à plusieurs. Car ces intuitions spirituelles donnèrent naissance, selon les charismes de chacun, à des œuvres bien différentes : développement des services de charité, implications sociales, création des séminaires, développement des missions dans les campagnes et les villes, etc…

D’autre part, une conviction habitait les membres de cette «Ecole»: la vie intérieure, la vie spirituelle est première car elle guide et oriente toujours les comportements extérieurs.

Père Emmanuel Goulard


MESSAGE DE MGR MATTHIEU ROUGÉ AUX DIOCÉSAINS DE NANTERRE  

Chers frères et sœurs du diocèse de Nanterre,

Bonne rentrée à tous ! Dans toutes les dimensions de vos vies : scolaire, professionnelle, familiale, paroissiale…C’est par le sacrement de la consécration épiscopale que je deviendrai vraiment votre évêque, le 16 septembre prochain à 15h.  Comme vous le savez, notre cathédrale est (trop) petite… Voilà pourquoi il faudra un carton pour y entrer (un représentant de chaque paroisse – déjà désigné – sera à l’intérieur). Mais un grand écran sur le parvis, qui peut accueillir un millier de personnes, permettra de participer pleinement à la liturgie, de recevoir la communion, de prier pour notre diocèse.

N’hésitez donc pas à rejoindre la cathédrale (en vous munissant éventuellement d’un pliant). Grâce à la chaîne YouTube de KTO (accessible par la page d’accueil de notre site Internet : (diocese92.fr) et grâce à Radio Notre-Dame, il sera aussi possible de s’unir de loin à cette liturgie. Et je compte bien sur votre prière à tous. Dès que je serai pleinement votre évêque, je partirai à votre rencontre, à l’occasion en particulier, pour commencer, des installations de nouveaux curés et de plusieurs ordinations diaconales. Je m’en réjouis vivement.

De tout cœur à votre service.
+ Matthieu Rougé  Évêque nommé de Nanterre


N°896 Semaine du  12 au 19 septembre 2018

Vous pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°896 au format PDF: 2018 – 896