CAHIER D’ESPÉRANCE N° 811 : «Je crois en l’Esprit Saint  »

Nous l’affirmons chaque Dimanche en récitant le Symbole des  Apôtres mais nous passons vite sans autre détail « à la sainte Eglise catholique » ! Le Symbole de Nicée-Constantinople (325/381) quant à lui, donne plus d’importance à l’Esprit Saint.Cependant le Cardinal J. Ratzinger faisait remarquer dans un de ses ouvrages que « Longtemps, la théologie occidentale n’a accordé à l’Esprit Saint qu’une modeste place, […]  et il faut bien reconnaître que l’Esprit Saint était resté le Dieu inconnu. »

Les premières communautés chrétiennes vivaient intensément de l’Esprit du Ressuscité. Avant de s’appeler Actes des Apôtres, ce livre s’appelait les Actes de l’Esprit Saint. (Ac 1,1-14). En effet, le personnage principal de ce récit haut en couleurs est bien l’Esprit promis par le Christ qui pousse sans cesse les missionnaires à « se bouger » pour annoncer  l’Évangile et à quitter leurs certitudes. Sa manière de les faire avancer ? Les événements – mêmes les plus rudes comme les persécutions – et les rencontres en tout genre (juifs de tout le pourtour de la Méditerranée, grecs, romains, croyants, magiciens…).

L’Esprit Saint est Seigneur et nous donne la vie.

La Parole de Dieu et son Souffle qui symbolise l’Esprit sont à l’origine de l’être et de la vie de toute créature. L’Esprit crée l’homme nouveau. Une idée d’énergie, de dynamisme, de quelque chose de plus fort que nous et qui va nous pousser à agir. L’expérience de l’Esprit est à la base de toute vie spirituelle.

Le Feu  est le second symbole de l’Esprit : à la Pentecôte, l’Esprit descend sur les Apôtres sous la forme de langues de feu. (Ac.2, 3). Lumière et chaleur, il éclaire, embrase et purifie, mais aussi il consume et peut détruire.  C’est une énergie transformante.

L’Eau est le troisième symbole. Eau féconde qui fait germer la vie. Eau sous toutes ses formes : pluie,  rosée,  eau vive des sources, mais aussi eau qui ravage. Eau de notre Baptême qui nous donne l’Esprit Saint en plénitude.

Tous les hymnes de la Pentecôte reprennent  ces symboles du souffle,du feu et de l’eau.

Saint Paul nous dit en Rm 8,11 que l’Esprit habite en nous. Il nous dit aussi que le mystère de Dieu révélé en Jésus crucifié ne peut être compris que par la puissance de l’Esprit. (1Co12, 3 ; 1Co 2, 1-2 & 4 ; 1 Co 2,10.) L’Esprit nous permet de nommer le Père et le Seigneur Jésus. Il est l’Esprit du Père et l’Esprit de Jésus.

L’Esprit Saint nous comble de ses dons et de charismes propres à chacun  qui nous permettent de nous mettre au service de l’Eglise. « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous » (1Co 12,7).  C’est à ses dons qu’il se laisse reconnaître. Ils nous sont donnés pour notre croissance spirituelle et sont au nombre de sept, chiffre hautement symbolique. Parmi ces dons, il nous donne à profusion la Foi, l’Espérance et la Charité, ces vertus théologales qui nous disposent à agir.« Puisque l’Esprit est notre vie, que  l’Esprit nous fasse aussi agir » (Ga 5,25)

La Foi nous libère du doute et de l’hésitation. Elle nous donne d’être convaincu que Dieu agit dans notre vie et dans le monde. L’amour ou la Charité (en grec, agapè) est, selon Paul dans l’Epître aux Galates, le fruit fondamental de l’Esprit. C’est pourquoi Paul parle de fruit au singulier, avant d’énumérer la manière dont cet amour se décline : « Joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi«  (Ga 5, 22-23). « Le Royaume de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. » (Rm 14, 17-19)

Et puis il y a l’Espérance, particulièrement précieuse dans notre monde  d’aujourd’hui si tourmenté. L’Esprit grave dans notre cœur la certitude que Dieu  accomplit son projet de salut pour l’humanité. Il nous permet alors de rebondir, par-delà nos échecs et nos difficultés.

Je vous propose en conclusion de ces très brèves réflexions un texte de Mgr Hazim, Patriarche grec orthodoxe d’Antioche, décédé en 2012, qu’il avait donné à l’Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises à Upsala  le 4 juillet 1968 :

« Sans  l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est lettre morte, l’Eglise une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation, l’agir chrétien une morale d’esclave. Mais en Lui, le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume, le Christ ressuscité est là, l’Évangile est puissance de vie, l’Eglise signifie la communion trinitaire, l’autorité est un service libérateur, la mission est une Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié. »

Alors oui, «Viens, Esprit Créateur, visite l’âme de tes fidèles et emplis de la grâce d’En-Haut les cœurs que tu as créés » et fais de nous des témoins et des missionnaires.

Françoise Pons


6ème Conférence de Carême

D.GREINER

Justice pour la terre

   par le Père Dominique GREINER

    le 17 mars 2016

Le cycle des Conférences de Carême 2016 sur le thème de la justice se termine avec le Père Greiner, rédacteur en chef au journal La Croix, qui nous parle de la justice pour la terre. Nous ne pouvons qu’être frappés par le souci que le Pape François porte à la terre. Cette attention s’inscrit dans la continuité de Vatican II qui assigne à l’Eglise la responsabilité d’ausculter les signes des temps, cherchant à chaque moment de l’humanité ce qui nous rapproche du Royaume.

Le constat

La réflexion écologique suscite à la fois angoisse et espoir. Angoisse devant les fragilités qu’elle constate : les ressources s’épuisent, l’homme a accaparé la moitié des disponibilités en eau, un quart des espèces d’oiseaux connues a déjà disparu et certains observateurs évoquent l’ère anthropocène. Dans le même temps, des pratiques plus respectueuses se généralisent, tri, covoiturage, développement durable… Il y a cependant des écolosceptiques qui n’hésitent pas à citer la parabole des oiseaux du ciel. Ils le sont par manque d’intérêt, négligence ou confiance aveugle dans le progrès technique qui permettra de trouver des solutions. Or c’est ce déplacement technique qui est à la source du problème car il n’est accompagné d’aucun progrès moral. Notre environnement technique a changé notre relation au monde. Selon Dominique Greiner, les techniciens ont perdu le contrôle de la situation qu’ils ont créée. Ce sentiment d’impuissance a conduit à un désinvestissement du politique qui rejette  le problème vers la sphère privée.

Comment la tradition chrétienne peut-elle nous aider à réagir ?

On reproche souvent au christianisme d’être exagérément anthropocentrique; l’homme est au  sommet de la Création que Dieu lui a demandé de dominer, lui donnant ainsi carte blanche. Le monde est désacralisé. Le Pape François met en garde contre cette mauvaise compréhension.
Pour lui, la crise écologique est une crise spirituelle qui réclame donc un traitement spirituel. Ludwig Feuerbach relevait que le chrétien ne pense qu’au salut de son âme. De fait, une théologie et une spiritualité sur le salut individuel en viennent à ignorer la bénédiction de la Création. Le monde n’est plus que la scène où se déroule l’histoire humaine. Or, comme l’a souligné Karl RAHNER, la Résurrection ne concerne pas seulement l’humanité mais toutes les créatures.

Cette « maison commune » appauvrie, menacée, ne nous appartient pas. Dieu la convoque, l’apostrophe et la confie à l’homme en gérance. C’est là que s’ancre notre responsabilité envers les générations futures, mais nous sommes déjà tous concernés.

La Genèse nous dit que la terre crie au moment du meurtre d’Abel par Caïn : … « La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi » dit Dieu (Gn 4, 10). Ainsi la terre porte la mémoire du crime commis et chaque fois qu’un de ses habitants en subit les conséquences, la terre crie.

Les plus pauvres sont déjà les plus atteints car ils ne peuvent pas s’ajuster aux désordres climatiques et subissent les inondations, les sécheresses, les destructions de leurs zones de culture. Le cri de la terre est le cri des pauvres. Le souci de la terre nécessite donc également une approche sociale.

Les descendants de Noé ont oublié leur ancrage, mais sans la terre, l’homme perd son lieu. Dieu est au Ciel, l’homme est sur la Terre, si nous voulons que Dieu nous la garde, prenons en soin ! La Terre a vu sa dignité renouvelée quand le Fils s’est compromis avec notre condition humaine,
celle de glébeux  – c’est le sens du nom d’Adam. Elle est illuminée par la Résurrection, l’homme nouveau sort de la terre, encore faut-il que la Création puisse faire monter vers Dieu sa louange. Il nous appartient de conduire toute chose créée vers son accomplissement en Dieu. Et cela même si nous ne savons pas comment.

La crise écologique stimule notre imagination. Nous sommes à un « moment » planétaire, ce que les Grecs appelaient un kairos. C’est le moment de nous interroger sur notre mode de vie et Dieu veut notre coopération. Il faut sauver la terre de l’absence de Dieu, car une terre sans Dieu ne peut être pensée et respectée comme Création. Elle devient sans valeur, alors l’intérêt personnel prime sur le bien-être collectif. Il faut rendre justice à la terre, la contempler, être uni intimement à tout ce qui existe et rendre grâces à Dieu. La fin ultime des créatures, c’est Dieu, ce n’est pas nous.

Il faut aussi créer un climat et une culture du changement, nous laisser bousculer, préserver notre capacité d’inventer l’avenir, d’expérimenter de nouvelles manières de vivre et de partager. Il n’y a pas de gestes anodins. Pour le Patriarche de Constantinople BARTHOLOMÉE, la question
de l’environnement est « ontologique », elle impose de nouvelles manières d’exister et de subsister. Le monde est peu enclin à se remettre en cause mais, à l’écoute des pauvres, nous pouvons devenir des justes pour la terre. Le sort de la terre dépend de notre foi.

Notes de Michèle Rain


Cap sur la santé mentale 

Affiche_Cap

 1 Français sur 5 est ou sera concerné vie entière par un trouble de santé mentale.  Mais la connaissance du public sur ce sujet reste aujourd’hui extrêmement limitée. Le regard des citoyens à l’égard des personnes en situation de handicap psychique  n’a pas assez évolué et reste stigmatisant, les excluant de la société qui les entoure.

 La FONDATION FALRET a décidé de contribuer à informer et à sensibiliser le grand  public sur les problématiques de santé mentale en organisant un événement

sur le Parvis de La Défense les 10, 11 et 12 mai prochains.

Lien vers l’événement

Communiqué de presse à télécharger : CP_Cap_sur_la_sante_mentale


N°811 Semaine du 4 au 18 mai 2016

Vous  pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°811 au format PDF : 2016-811