Cahier d’Espérance n° 793 : « Je te marque du signe de la croix, Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit »

Telles sont les paroles adressées à Johan, ce mercredi 16 Décembre en ce  rassemblement eucharistique célébré à Notre Dame de Pentecôte.

Lors des trois jours intitulés : «  Osons la joie », en Octobre dernier, Johan, quittant la Tour de son lieu de travail, a franchi la porte de Notre Dame de Pentecôte, exprimant son désir, son souhait : « Recevoir le Baptême ».

En ce 16 Décembre, nous l’entendons frapper à la porte, manifestant à notre communauté sa foi, sa demande  et  son choix de devenir chrétien en Eglise catholique.

Nous tous baptisés, puissions-nous par notre présence, être le signe de l’accueil que nous manifestons à tous ceux que le Seigneur appelle.

Etre baptisés, devenir chrétiens, faire partie du Peuple de Dieu, n’est-ce pas entrer dans une dynamique qui donne sens à notre existence. La vie même de Dieu nous est donnée par les sacrements que nous recevons au cours de notre vie. Nous osons dire : «  les sacrements sont des marqueurs de cette vie divine donnée par Jésus-Christ. »

Aujourd’hui, ils sont aussi parmi nous les futurs baptisés et confirmés  de la nuit pascale 2016 : Bruno, Lionel et Olivia. Ils ont un jour franchi la porte et ils marchent aujourd’hui sur ce chemin de l’Evangile en leurs différents lieux de vie, ce chemin de notre foi découvert avec leurs accompagnateurs, leur famille et leurs amis.

En ce temps de l’Avent, n’est-ce pas cette Bonne Nouvelle d’un Dieu venu chez nous, ce mystère de la proximité de notre Dieu d’amour et de tendresse, de miséricorde, que nous découvrons au cours de nos rencontres.

En cette fin d’année 2015, écoutons à nouveau ces prophètes, tels Jérémie, Baruch, Sophonie et Michée. Ils nous invitent à veiller, à prier, « à quitter notre robe de tristesse », à vivre dans la joie, à rendre droit les sentiers, les chemins de notre monde, de notre société afin
de vivre dans la paix, dans la justice et dans la joie.

Puissions-nous ensemble être les témoins de la grâce de Dieu que nous avons reçue et que nous recevons dans notre vie de Chrétiens. Ouvrons nos portes à celui qui cherche, qui frappe et que nos maisons et nos cœurs soient de « vraies étables » de Noël ouvertes à l’accueil du Fils de Dieu.

JOYEUX NOËL à chacun…!

L’équipe du Catéchuménat

Blanche, Cyrille, Francis, Marie-Michèle, Michèle et Roland     


              Conférence du Mardi 1er décembre 2015

G Bès de Berc« L’écologie intégrale »

 Gaultier Bès de Berc

Professeur agrégé de lettres modernes, Veilleur, Gaultier BÈS a publié en juin 2014 l’ouvrage « Nos limites – Pour une écologie intégrale ». Il  a lancé en septembre 2015 « Limite », première revue d’écologie intégrale avec Fabrice HADJADJ, Eugénie BASTIÉ et Paul PICCARRETA.

Le cœur de son action est l’écologie. Le mot vient du grec, oikos, la maison et logos, le discours structuré. Le substantif oikos se retrouve dans le terme « économie », associé à nomos qui est la règle, désignant les dispositifs qui permettent de vivre et de subsister ensemble, ainsi que dans « œcuménisme » qui est le « vivre ensemble » en Eglise. C’est Ernst T. Haeckel, zoologiste et biologiste allemand, qui a forgé le mot écologie en 1866 pour désigner la science des interactions entre les organismes vivants et leur environnement. C’est donc la science de nos conditions d’existence, au début de l’humanité défi permanent contre la nature, aujourd’hui défi contre nous-mêmes. Car, souligne le conférencier, c’est souvent l’action humaine qui transforme en catastrophe les phénomènes climatiques. Les conséquences des inondations sont aggravées par l’urbanisation sauvage et la destruction des milieux naturels, les cyclones deviennent plus fréquents et plus graves à mesure que les océans se réchauffent. Avons-nous conscience que la nature est un tout dont nous faisons partie et que cela va bien au-delà de la seule préservation de la biodiversité…

Notre mode de vie actuel passe par la vitesse et la dépense d’énergie. Le quartier de La Défense désespère Gaultier BÈS qui n’y voit qu’une architecture orgueilleuse,  intimidante, témoignage de la volonté de l’homme de dominer le monde. Or nos rythmes restent liés à la nature et sont contrariés par la vie urbaine qui nous en éloigne et nous fait oublier notre propre naturalité. Nous sommes obligés de sortir tôt en hiver, et, souvent, d’y contraindre nos enfants ! Il se défend toutefois d’idéaliser le passé mais veut penser notre époque autrement.

Puisque l’écologie intègre tous les éléments de notre existence, le terme d’écologie intégrale est un pléonasme ! Gaultier BÈS met l’accent cependant sur la nécessité de ne pas réduire l’écologie à la lutte contre les Organismes Génétiquement Modifiés ou les pesticides et s’étonne de constater que les mêmes qui luttent contre les OGM ou le nucléaire se font les défenseurs de la Procréation Médicalement Assistée, voire de la Gestation pour Autrui…Pour lui, la PMA est une emprise technique et marchande sur la sexualité, comme les OGM le sont sur la nature. La COP 21 risque d’être vaine si elle culpabilise les individus, les familles, sans remettre en cause des structures économiques et politiques qui sont à la fois socialement injustes et écologiquement destructrices, notamment du fait d’une globalisation dérégulée. On voit qu’un projet comme le TAFTA pose aussi des questions démocratiques.

L’écologie ne saurait être réduite à des tableaux de chiffres, elle a une dimension philosophique et spirituelle. La phrase de Margaret Thatcher « il n’y a pas d’alternative » ressemble à un couperet. Il n’y aurait  pas d’alternative à l’argent-roi, à la dérive financière, à l’asservissement à la consommation ? C’est ce qu’on veut nous faire croire. Mais de nouveaux modes de vie, de consommer, d’entreprendre, se développent, fondés sur une économie authentique, c’est-à-dire économe, locale, circulaire, équitable, durable…

Mais l’écologie est aussi une question de sens. « Laudato si » rappelle qu’il y a un apport chrétien à l’écologie, qui passe d’abord par la contemplation et la louange. Il ne s’agit pas de diviniser la nature mais de se rappeler qu’elle est bonne – « Et Dieu vit que cela était bon » – de la respecter et de la protéger. Nous avons un droit d’usufruit mais aussi un devoir de conservation et de fructification, comme nous l’enseigne la parabole des talents.

Personne (sinon Dieu) ne sauvera la planète mais nous devons essayer de vivre dans des conditions dignes, sachant que les pauvres sont les premières victimes des désastres environnementaux.  Nous devons travailler à un mode de vie plus simple et plus sobre, changer de modèle, sortir du  « No Limit » en redécouvrant nos limites ! Ce n’est pas si difficile. On peut consommer local, se passer de réfrigérateur et de congélateur, acheter ses vêtements d’occasion…Nous devons, en même temps, nous découvrir interdépendants.

La Doctrine Sociale de l’Eglise prône la destination universelle des biens. Or, selon Gaultier BÈS, notre système est dominé par une logique de dilapidation des ressources, d’exploitation et d’exclusion. Il se maintient grâce à un coup de force rhétorique qui caricature les alternatives : L’hyperconnection ou l’isolement, les buildings ou la grotte, le consumérisme ou la famine, le technicisme ou la bestialité, etc. , comme s’il n’y avait pas de juste milieu…

Justifier la construction de certaines barres d’immeubles ou des tours de La Défense par le fait qu’elles ont remplacé des bidonvilles, c’est oublier que ces bidonvilles se sont développés parce que des travailleurs avaient été arrachés de chez eux pour nourrir notre croissance.  Le chômage ne peut exister que dans une société où chacun est empêché de vivre par ses propres moyens.

C’est notre responsabilité, à nous les occidentaux, d’avoir imposé un mode de vie standardisé partout dans le monde comme si le destin de tous était le confort artificiel, le « toujours plus » égocentrique. Chacun sa voiture, son écran plat, sa viande à tous les repas… Quelle folie !  Cette « Coca-colonisation » du monde est une forme de totalitarisme que la réalité va finir par détruire, car si 7 milliards d’êtres humains vivaient comme vous et moi, il nous  faudrait disposer de cinq planètes. Il faut cesser de confondre l’augmentation du PIB avec le bonheur et penser autrement.

L’Evangile prône une certaine pauvreté. Ce détachement matériel est une condition de la sainteté, c’est aussi une condition du bien  commun : vivre chacun plus simplement pour que tous puissent tout simplement vivre.

Notes de Michèle Rain


 Noël approche ! 

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Pour vos cadeaux, la librairie vous invite à venir choisir des livres qui
permettent de belles découvertes…Elles permettent  d’élargir nos horizons et sont
porteuses d’espérance !

La sélection proposée aborde de nombreux sujets d’actualité, de société,
de spiritualité pour grands et petits.

Offrir un livre, c’est une façon d’inviter à la rencontre et au partage.

Et puisque c’est Noël, la librairie élargit son offre à de petits objets et à quelques idées gourmandes. 

Les Libraires de NDP


 

793 Semaine du  16 décembre  au 6 janvier 2015

Vous  pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°793 au format PDF : 2015 – 793