Cahier d’Espérance n° 788 : «A propos de la famille »

Les deux dernières Encycliques « Lumen fidei » et « Laudato si » ont consacré un paragraphe à la famille…dans une langue ecclésiastique! Voici une adaptation en français courant qui se nourrit des deux textes.

Selon le projet de Dieu, la famille est l’incarnation de son amour et de sa fidélité pour les hommes, si l’on songe au projet fou que représente la décision de deux êtres de rester ensemble pour la vie. Promettre un amour qui soit pour toujours est possible quand on découvre un dessein plus grand que ses propres projets (Lumen fidei §52).

La famille, comme résumé par le Notre Père, est le lieu du :

Merci

S’il te plait

Pardon

En famille, nous apprenons tous à dire merci :

Parce que nous sommes redevables de l’amour de nos parents. Ils ont choisi de nous aimer et de nous accueillir avant que nous soyons en état de nous en rendre compte et nous devons les remercier pour tout ce qu’ils nous transmettent, de la nourriture au respect des règles, de l’ouverture aux autres à la culture.

La famille est aussi le lieu du s’il te plaît :

Rien ne nous est dû, tout est à demander, nous dépendons d’une autorité qui, en principe, explique ses décisions et nous apprenons, par elle, à dominer l’agressivité ou la voracité (Laudato si §213), à tenir compte des autres, frères et sœurs, qui, eux aussi, ont des aspirations, des désirs et des rêves.

Enfin, la famille est le lieu de la gratuité et du pardon :

Une bêtise ou une erreur ne sont pas payées cash ! La famille est un lieu gratuit d’apprentissage, de droit à l’erreur, de pardon. Elle n’est pas le Royaume, mais par sa structure et son fonctionnement, elle l’incarne sans le dire, car les parents sont aussi des enfants de Dieu qui donnent leur vie pour ceux qu’ils ont aimés en premier, comme le dit Jésus, chez saint Jean.

Et puis, il faudra que la famille accepte un jour l’idée que l’enfant s’en aille, parce que la vocation individuelle pousse l’enfant en dehors, au-delà de la famille.

« Nos enfants ne sont pas nos enfants » dit K. Gibran et la famille, particulièrement la mère, devra apprendre à s’en dessaisir, tout comme Jésus, après sa Résurrection, aura cinquante jours pour laisser aller les disciples…

Que, dans nos familles, l’Esprit Saint nous accompagne sur ce chemin où tout est à incarner.

Francis Lapierre – diacre.


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Session des Semaines sociales 2015

La 90ème session des Semaines sociales de France a eu lieu les 2, 3 et 4 octobre 2015 dans les locaux de l’UNESCO à Paris.

Le thème en était : « Religions et cultures: ressources pour imaginer le monde ». Cette 90ème session a rassemblé environ 2 500 personnes sur les trois jours.

La mondialisation était sous-jacente à toute la session avec la question récurrente : « Comment la vivre ? » Vivre ensemble dans la diversité, mais aussi vivre avec l’environnement de la Création et accepter l’évolution du climat ont été une partie de la réponse. L’Encyclique « Laudato si » a été l’objet de plusieurs interventions. La question du développement économique mais aussi social a, bien sûr, été abordée largement.

S’agissant de la diversité et des enjeux du développement, plusieurs témoignages de personnes de retour d’un long séjour dans des pays lointains comme le Paraguay ou Madagascar ont indiqué comment de tels séjours pouvaient modifier, lors du retour en France, le regard sur et le comportement vis à vis de la culture de consommation. D’autre part, un « one man show » du congolais Pie Tshibanda, exilé en Belgique, a fait sentir avec humour la difficulté de la rencontre de deux cultures différentes avec les incompréhensions de part et d’autre. Difficulté donc de s’intégrer mais aussi d’intégrer.

L’aspect culturel n’a pas été le seul à être abordé. Le dialogue interreligieux a également été très présent avec plusieurs témoignages d’expériences vécues d’un tel dialogue. Ces témoignages portaient sur des positions philosophico-théologiques, mais aussi sur des réalisations de vie journalière en commun.

Enfin l’aspect « témoignages dans le présent » n’a pas empêché d’évoquer des perspectives d’imagination pour le futur.

Pour ce qui est du présent, l’actualité immédiate s’est imposée avec une soirée de dernière heure le vendredi 2 octobre : « Migrants et réfugiés, un regard chrétien sur l’asile ».

Pour le futur, c’est le dialogue qui a été privilégié, dans les différents domaines de notre vie de travail et de relations. Un changement de regard et de comportement surtout, l’importance d’une vie personnelle plus maitrisée, la lutte pour une économie moins financière et donc plus soucieuse de l’homme, un souci du bien commun à long terme et, comme « tout est lié », un engagement nécessaire de tous les chrétiens.

Innovation de cette année, le fil rouge tout au long de la session a pris un aspect théologique. Ce fil rouge théologique a été assuré à deux voix : une pasteure protestante et un théologien catholique.

Au cours de la synthèse finale de la session, Jérôme Vignon a annoncé son départ de la présidence des Semaines Sociales de France en mai 2016. Dominique Quinio, ex rédactrice en chef du journal La Croix, a été pressentie pour le remplacer.

La prochaine session retrouvera le mois de novembre, cette fois sur 2 jours : les samedi 19 et dimanche 20 novembre. Elle sera précédée par des événements servant de « pré-session » dans les différentes antennes des SSF.

Comme à l’habitude, les interventions de la session SSF peuvent être consultées sous forme de vidéos sur le site des Semaines Sociales de France : ssf-fr.org.

Notes de Jean Guichené


R E L A T I O N S

caresse M Barnini

Ainsi s’intitule l’exposition des sculptures que nous présentera Miryam Barnini du 18 novembre 2015 au 8 janvier 2016. 

« Cœur à corps avec la matière…

C’est s’aventurer dans l’inconnu et essayer de saisir le moment avant qu’il ne vous échappe.

Sculpter, c’est exprimer cette impression, traduire cette émotion furtive, ce moment particulier.

Sur ce chemin où j’essaye d’approcher à ma manière le Beau… Je dialogue avec cette matière qui me répond. Et ce sont souvent des êtres en relation qui émergent…et viennent parler à ma place. »

Sur cette base, Miryam érige des couples, des familles. Des formes pleines, solides, parce que leur base est « fondée ».

Elle pose sa base et avec la terre de modelage accumule des strates, comme dans la fondation d’une demeure solide, qui, à son tour, est formée par ceux qui l’habitent.

Sur cette terre avec laquelle elle travaille, s’enracinent des corps aux formes dépouillées, unis entre eux par les rythmes des bras et des têtes. Jamais seuls, ils sont les fondations d’une maison idéale, autant humaine, terrestre que spirituelle.

Dans ce projet, autant de vie qu’artistique, les matériaux sont significatifs. La terre est la terre de notre sol, celle qui nous nourrit et qui nous définit. Le bronze est l’un des matériaux les plus anciens et nous accompagne depuis l’antiquité. Le fer aussi, plié, torsadé jusqu’à former des masses compactes et pourtant aérées.

Le travail de Miryam montre que ce qui est important est de creuser toujours plus, en profondeur,  à l’endroit même où l’on est, où l’on vit.

Les vraies découvertes sont celles qui, comme pour les fouilles archéologiques, ne se  livrent qu’après une exploration minutieuse.

F.Fénaroli


Cahier d’espérance N° 788   Semaine du 4 au 18 novembre 2015

Vous  pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°788 au format PDF : 2015 – 788