CAHIER D’ESPÉRANCE N°860: « Soyons tous des éveilleurs »

Telle est la découverte que nous faisons ensemble, au Catéchuménat,  en accompagnant les personnes qui viennent demander à recevoir les différents sacrements de l’Eglise, en particulier : le Baptême,l’Eucharistie et la Confirmation.

C’est au cœur de l’histoire des catéchumènes, et de ceuxqui  se préparent à recevoir ces sacrements de l’Eucharistie et de la Confirmation,  que nous découvrons l’amour de Dieu manifesté sur leur chemin de vie. Les nouveaux baptisés expriment cette expérience de l’amour de Dieu, que nous nommons la Grâce, don gratuit de la bienveillance de Dieu.

Nous y reconnaissons cette parole de St Jean : «Tous nous avons part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce» Jean 1,16,

Evoquons l’expérience de Johan, son cheminement à Notre Dame de Pentecôte et son baptême dans son diocèse d’origine : Cherbourg, lors de la nuit pascale, accompagné de sa famille, de ses amis de son lieu de travail, à la Défense et venant d’autres lieux relationnels. Il intitule son témoignage : « Une expérience fondatrice » et ajoute « C’est la décision la plus importante que j’ai jamais prise ».

Carol a reçu la grâce de l’Esprit par la confirmation, le 11 Juin,avec 290 confirmands appelés par l’Evêque à l’occasion de l’anniversaire des 50 ans du diocèse.

Philippe et Tina se préparent à recevoir ce don de Dieu, par le sacrement de  l’Eucharistie, et de la Confirmation.

Siti Aïssa fait ses premiers pas sur la route du Baptême.

Nous sommes tous témoins dans nos vies professionnelles, dans nos différentes relations, de l’expérience de vie d’hommes et de femmes jeunes et adultes à la recherche d’un sens à leur vie, osons dire à la recherche d’un Dieu vivant et aimant, expérience, que nous osons nommer «spirituelle ».

Etre accompagnateur, c’est une richesse d’expérience dans sa vie personnelle et dans son appartenance à l’Eglise.

Puissions nous entendre et accueillir leurs soifs, leurs attentes, leur expérience,leurs demandes  et oser proposer les sacrements de l’Eglise, nourriture pour nos chemins de vie. Soyons tous des éveilleurs, des accueillants dans nos différentes rencontres.

Pour l’équipe de catéchuménat :

Michèle RAIN  – Blanche LEGENDRE


CONFERENCE

SAINTE TERESA DE CALCUTTA 

 donnée le jeudi 8 juin ,

par le Père Philippe Pignel de la Basilique Notre-Dame du Bon Secours à Paris,

directeur des laïcs missionnaires de la Charité,

puis témoignage d’Isabelle Leblanc-Esparza, laïque Missionnaire de la Charité.

LES MISSIONAIRES DE LA CHARITE

En 2017, on compte 5000 religieuses dans 130 pays, ainsi que des frères et des sœurs contemplatifs, des prêtres diocésains, des collaborateurs souffrants et des laîcs. Les Missionaires de la Charité ont une maison à Paris, de nombreuses  personnes de la rue y sont nourries chaque jour.

Ce rayonnement de Mère Térésa est le fruit de l’amour. Quelles en sont les racines spirituelles ?

Tout au long de sa vie, Mère Térésa a vécu de l’amour de Dieu.

DE L’ALBANIE A L’INDE

C’est en 1937 que Mère Térésa prononce ses vœux définitifs comme sœur de Lorette.  Elle arrive en Inde pour être professeur de Collège. Elle est très aimée de ses élèves. Elle devient  Directrice. Notons que Mère Térésa a donc vécu et travaillé dans le monde et, à cette époque, elle a déjà une vie mystique profonde.

« L’APPEL DANS L’APPEL »

En avril 1942, elle prononce un vœu privé : « J’ai voulu offrir quelque chose à Dieu sans réserve et donner à Dieu tout ce qu’il pourrait me demander, ne jamais rien lui refuser. »

En septembre 1946, Mère Térésa part faire une retraite spirituelle au pied de l’Himalaya. Dans le train, puis pendant la semaine de retraite, elle entend une locution intérieure d’ordre mystique qui lui dit : « Tu es devenue mon épouse par amour de moi. »  et  « Je veux des religieuses indiennes qui soient à la fois Marthe et Marie. »

Malgré sa générosité, Mère Térésa résiste, elle est effrayée. Et Jésus lui dit :  « Fais moi aveuglément confiance. »

Mère Térésa a dit oui pour répondre à la soif de Jésus, cette soif qu’il exprime sur la croix au moment où il était privé de toute consolation. Ce n’est pas d’eau que Jésus a soif mais d’amour,de sacrifice. Et nous Mère Térésa ajoute : « Jésus veut que je vous dise encore quelque chose, combien est grand l’amour qu’il porte à chacun de vous. Il a soif de vous. »

LA TENEBRE

Entre 1948 et sa mort en 1997, Mère Térésa a connu la nuit de la foi. Elle a ainsi été totalement associée aux pauvres, rejoignant cette pauvreté matérielle et spirituelle à l’intime. « Si mes ténèbres sont lumière pour quelqu’un …» dira-t-elle.

Tout se passe comme si Dieu se rapprochait tellement que sa lumière l’éblouissait et la rendait aveugle. Dieu passe à travers elle. De ces ténèbres, elle ne parlera qu’à son père spirituel et à un évêque de son diocèse qu’elle rencontre de temps en temps.

« Mon Jésus, maintenant je suis sur un mauvais chemin…je souffre cette perte de Dieu qui ne veut pas de moi, de Dieu qui n’existe pas vraiment ( pardonnez-moi mes blasphèmes…) »

« Je brûle ardemment d’y croire. »  Elle désire, mais ne sent pas.

Elle est dans un don et un abandon total :

« Je veux le laisser faire de moi ce qu’Il veut. Etre la fleur des champs de Dieu. »

Témoignage d’Isabelle Leblanc-Esparza,

laïque Missionnaire de la Charité. Mariée et mère de famille.

Isabelle fait partie des 400.000 coopérateurs laïcs qui constituent une branche des Missionnaires de la Charité. « J’ai laissé Dieu se servir de moi pour montrer son amour. »

Les coopérateurs prononcent les mêmes vœux que les sœurs :

– Vœu de pauvreté sous forme d’un détachement.

– Vœu de chasteté conjugale pour ceux qui sont mariés.

– Vœu d’obéissance .

Et le 4ème vœu, propre aux Missionnaires de la Charité : « Servir de tout cœur et gratuitement les plus pauvres des pauvres. »

Les premiers pauvres sont d’ailleurs souvent dans nos propres familles…

De manière étonnante, Isabelle et son mari ont retrouvé au Mexique, où ils venaient de s’installer, un couple rencontré auparavant dans un train en Allemagne. C’est par l’intermédiaire de cette femme qu’Isabelle a découvert une maison des Missionnaires de la Charité au Mexique. Elle a senti que c’était le lieu où le Seigneur l’appelait. En particulier, elle a été touchée par le sourire de la sœur qui les accueillait.  « Dieu aime celui qui donne avec joie. »

En 20 ans d’engagement, Isabelle a découvert que :

Jésus, présent dans le Saint Sacrement, est aussi caché dans le pauvre.

Dieu nous appelle à faire des choses ordinaires avec un amour extraordinaire.

L’amour est plus fort que le mal en tout lieu.

Toute personne humaine est pleinement digne, comme cette petite fille hydrocéphale qui recevait les massages d’Isabelle avec reconnaissance.

« Les pauvres sont des gens merveilleux, s’ils donnent quelque chose, c’est l’essentiel ».

La plus grande pauvreté c’est de se sentir rejeté (comme ce jeune dont personne n’avait jamais fêté l’anniversaire).

Celui qui met en Dieu une confiance inébranlable n’est pas déçu. Ce fut le cas quand Isabelle s’est chargée d’organiser une fête de Noël pour de nombreux  enfants de Mexico…

Notes d’Anne Plauchu




N°860 Semaine du 20 au 27 septembre2017

Vous pouvez télécharger le Cahier d’Espérance N°860 au format PDF : 2017 – 860